La start-up SUMOT a été créée le 30 octobre 2025 par Robin Thomas et Quentin Loeuillet, ingénieurs-docteurs formés à Grenoble INP – UGA, à l’issue d’un long travail de maturation scientifique et technologique. La solution qu’elle développe est directement issue de travaux menés au G2Elab*, laboratoire dont Grenoble INP - UGA est tutelle. « SUMOT est l’aboutissement de près de dix ans de recherche au G2Elab. Ma thèse en a été la dernière étape avant la valorisation industrielle », explique Robin Thomas. Diplômé de Grenoble INP - Ense3, UGA, il a poursuivi directement en doctorat au laboratoire, tandis que son associé Quentin Loeuillet, également diplômé de cette école, a suivi un parcours similaire, en lien avec l’industriel Valéo.
Les travaux ont été distingués en 2023 par le prix Innovation de l’Université Grenoble Alpes. Le projet a ensuite été accompagné par Linksium, avant la création de l’entreprise.
Partir de l’usage réel des moteurs électriques
À l’origine de SUMOT se trouve un constat largement partagé dans la recherche comme dans l’industrie. Les moteurs électriques, notamment dans la mobilité, sont dimensionnés pour des situations extrêmes, alors que ces cas sont très rarement rencontrés en conditions réelles.
« Un véhicule est à l’arrêt plus de 90 % du temps et, lorsqu’il roule, il fonctionne la plupart du temps à faible puissance. Pourtant, les moteurs sont conçus pour des cas extrêmes », souligne Robin Thomas. Ce décalage conduit à des moteurs surdimensionnés, lourds, coûteux et fortement consommateurs de matériaux critiques, en particulier de terres rares utilisées dans les aimants. Les recherches menées au G2Elab ont ainsi exploré une alternative : optimiser les moteurs pour l’usage le plus fréquent, tout en conservant la capacité à délivrer ponctuellement des performances élevées.
Une innovation en électronique de puissance
La solution développée par SUMOT repose sur une innovation en électronique de puissance. Elle prend la forme d’un onduleur intégrant une fonction de « boost », capable de fournir un surplus de puissance lorsque cela est nécessaire. Cette technologie repose sur la maîtrise du flux magnétique dans le moteur électrique, en augmentant temporairement sa densité. « L’idée est comparable à celle d’un turbo, mais appliquée à l’électrique, résume le cofondateur. On apporte un surcroît de performance uniquement quand il est utile, ce qui permet de repenser complètement le dimensionnement du moteur. »
Inspirée à la fois des réseaux électriques et des systèmes de suralimentation, cette approche ouvre la voie à des moteurs plus compacts, mieux adaptés aux usages réels, tout en conservant les performances attendues dans les situations les plus exigeantes.
Une approche système héritée de la recherche
Au-delà de la brique technologique, SUMOT revendique une approche globale, directement issue de la culture de recherche du laboratoire. L’introduction de cette fonction de boost constitue un nouveau degré de liberté dans la conception des systèmes électromécaniques. « L’optimum d’un système complet est bien meilleur que la somme des optimums de chaque composant pris séparément. Avec cette brique, on peut repenser à la fois le moteur, la batterie et leur pilotage. »
Cette vision système permet d’envisager des gains significatifs en efficacité énergétique, en réduction de coûts et en limitation de l’empreinte matière, tout en répondant aux enjeux industriels et de souveraineté liés aux chaînes d’approvisionnement.
Des premiers marchés avant une montée en échelle
Si l’automobile constitue un objectif à moyen et long terme, SUMOT cible dans un premier temps des marchés plus accessibles, comme la micromobilité, les quadricycles de livraison urbaine ou les engins de manutention. « Ce sont des applications où le besoin de compacité et de puissance ponctuelle est très fort. Elles nous permettent de confronter rapidement la technologie à des usages concrets. »
Ces premiers débouchés doivent permettre à la start-up de structurer son activité et de préparer une montée en maturité progressive vers des applications automobiles, avec lesquelles des échanges sont déjà engagés.
Une start-up encore ancrée au G2Elab
Aujourd’hui, SUMOT compte deux cofondateurs opérationnels et bénéficie de l’accompagnement scientifique d’Hervé Chazal, chercheur à Grenoble INP – UGA, et encadrant des travaux de thèse à l’origine du projet. L’entreprise est toujours hébergée au G2Elab jusqu’à l’été 2026 et s’appuie sur les plateformes expérimentales du laboratoire, notamment les bancs d’essais moteurs de moyenne puissance. Une première recrue issue de Grenoble INP – Phelma, UGA, rejoint prochainement l’équipe afin de renforcer les activités de R&D. À horizon 2026, la start-up prévoit une montée en effectif avant d’engager une phase d’industrialisation avec des partenaires.
*CNRS / UGA / Grenoble INP - UGA
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