Depuis plus d’un siècle, Grenoble INP – UGA accompagne les grandes transformations scientifiques, industrielles et sociétales. Né à la fin du XIXᵉ siècle dans un territoire marqué par l’essor de la houille blanche et de l’électricité industrielle, l’Institut polytechnique de Grenoble s’est progressivement imposé comme l’un des grands pôles européens de formation et de recherche en ingénierie. Au fil des décennies, l’établissement a développé un modèle original associant étroitement formation d’ingénieur·es, recherche scientifique et innovation industrielle.
Aujourd’hui, Grenoble INP – UGA poursuit cette ambition en formant des ingénieur·es et des managers capables de relever les défis des transitions technologiques, environnementales et sociétales.
Ces missions sont menées au sein d’un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel, ayant d'abord (de 1971 à 2007) un statut analogue à celui des universités, puis, par décret du 8 mars 2007, le statut de grand établissement. L’histoire de Grenoble INP - UGA montre combien l’établissement travaille, depuis son origine, en étroite collaboration avec l’industrie. La genèse de l’Institut polytechnique est en effet fortement liée aux débuts de la houille blanche et au développement des industries électriques dans la région grenobloise.
Genèse de l'Institut polytechnique
C’est en 1892 qu’un jeune maître de conférences, Paul Janet, inaugure à Grenoble le premier cours d’électricité industrielle. Cet enseignement rencontre un tel succès que, sur l’insistance de notables et d’industriels locaux, la faculté des sciences décide de lui donner un caractère permanent.
En 1898, une séance historique du conseil de l’Université décide la création d’un Institut d’électrotechnique. Rattaché à la Faculté des sciences, l’ancêtre de l’École nationale supérieure d’ingénieurs électriciens accueille sa première promotion en 1900.
Les années qui suivent sont marquées par l’action de Louis Barbillion, nommé directeur en 1904. Il porte l’ambition de créer à Grenoble une véritable université technique du Sud-Est, en développant de nouvelles spécialités autour de l’électrotechnique.
En 1907, l’Union des fabricants de papiers et cartons crée l’École française de papeterie (EFP), annexée à l’Institut électrotechnique. Parallèlement, les disciplines de l’hydraulique, de la mécanique, de l’électrochimie et de l’électrométallurgie se développent. Cet ensemble de formations d’ingénieur·es, de laboratoires et d’enseignements en sciences appliquées prend alors le nom d’Institut polytechnique de Grenoble (IPG).
Dans les années 1920, les besoins industriels se précisent et les programmes de formation s’enrichissent. Sont ainsi créés l’Institut d’électrochimie et d’électrométallurgie (IEE) puis l’École d’ingénieurs hydrauliciens (EIH).
En 1928, René Gosse succède à Louis Barbillion à la tête de l’IPG. Malgré les difficultés économiques des années 1930, il poursuit le développement scientifique de l’Institut et achève les importants travaux d’aménagement qui permettront à l’établissement de poursuivre son expansion.
Développement et structuration de l’INPG
Sous l’impulsion de Félix Esclangon et du futur prix Nobel Louis Néel, sont fondées l’École nationale supérieure d’électronique et de radioélectricité de Grenoble (ENSERG) en 1958, puis l’École nationale supérieure d’informatique et de mathématiques appliquées de Grenoble (ENSIMAG) en 1960.
L’Institut national polytechnique de Grenoble (INPG), qui fédère alors six écoles, est créé par décret le 23 décembre 1970. Louis Néel en devient le premier président en 1971.
Au cours des décennies suivantes, l’Institut poursuit son développement avec la création de nouvelles écoles :
- École nationale supérieure de physique de Grenoble (ENSPG) en 1985
- École nationale supérieure de génie industriel (ENSGI) en 1990
- École supérieure d’ingénieurs en systèmes industriels avancés Rhône-Alpes (ESISAR) à Valence en 1995
- Ainsi que le département Télécommunications en 1999.
La réforme et le statut de grand établissement
À la suite de plusieurs évaluations internationales, Paul Jacquet, président puis administrateur général de l’Institut de 2002 à 2012, engage une réforme d’ampleur entre 2004 et 2008. Celle-ci concerne l’ensemble des missions confiées par l’État : formation, recherche, valorisation et gouvernance.
Le statut de grand établissement est obtenu le 8 mars 2007. Cette évolution permet de faire évoluer la gouvernance de l’Institut en renforçant notamment la participation des personnalités extérieures et en associant plus étroitement les partenaires industriels aux instances de décision.
En 2008, une direction de la recherche est créée afin d’animer la politique scientifique et de coordonner l’ensemble des laboratoires de l’établissement.
La même année, une importante réorganisation des écoles est engagée afin de proposer une carte de formation plus lisible et plus cohérente. Grenoble INP rassemble alors :
- Grenoble INP – Ense3 (issue du regroupement de l'ENSHMG et de l'ENSIEG)
- Grenoble INP – Ensimag (issue du regroupement de l'ENSIMAG et de Télécom)
- Grenoble INP – Esisar
- Grenoble INP – Génie industriel (issue du regroupement de l'ENSGI et d'une partie de l'ENSHMG)
- Grenoble INP – Pagora (issue de l'EFPG)
- Grenoble INP – Phelma (issue de l'ENSEEG, de l'ENSPG et de l'ENSERG)
En 2010, l’établissement obtient les responsabilités et compétences élargies (RCE), lui accordant l’autonomie dans la gestion de sa masse salariale et de son plafond d’emplois.
Développement international et ancrage scientifique
Grenoble INP renforce également son ouverture internationale. L’établissement établissement s'est aussi développé à l'international en créant plusieurs laboratoires internationaux et une école d'ingénierie à Canton en Chine dans le cadre d'un consortium piloté par Grenoble INP et regroupant l'Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN dépendant du CEA), l'Ecole des mines de Nantes, l'Ecole nationale supérieure de chimie de Montpellier et l'Ecole nationale supérieure de chimie de Paris. L'Institut franco-chinois de l'énergie nucléaire (IFCEN) ouvre ses portes le 1er septembre 2010.
Parallèlement, Grenoble INP s’inscrit dans la dynamique de structuration du site scientifique grenoblois. Le projet "Grenoble, université de l'innovation" a été sélectionné dans le cadre de l'appel d'offres 2008 du ministère "opération campus" parmi les 12 retenus en France. Grenoble fait donc partie des « 12 grands campus de demain » à visée internationale. Le Ministère a attribué en juillet 2009 la somme de 400 M€ au projet grenoblois pour la mise en place d'importants pôles thématiques. Grenoble Université de l'Innovation est un consortium qui réunit les 11 partenaires impliqués dans le développement scientifique (universités, grandes écoles, organismes de recherche). Ce consortium est fortement soutenu par les collectivités territoriales.
Grenoble INP – UGA aujourd’hui
Une nouvelle étape est franchie le 1er janvier 2020 avec la création de l’établissement public expérimental Université Grenoble Alpes devenue depuis grand établissement en 2024. L’Université Grenoble Alpes, Grenoble INP - UGA, Sciences Po Grenoble - UGA et l’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble - UGA se regroupent au sein d’une université unique dotée d’un fort rayonnement international.
Dans ce cadre, Grenoble INP – UGA affirme sa singularité comme Institut d’ingénierie et de management, notamment avec l’intégration de Polytech Grenoble – INP, UGA et de Grenoble IAE – INP, UGA en 2020.
L’établissement continue d’accompagner les grandes évolutions scientifiques et industrielles. Il est notamment cofondateur du pôle d’innovation MINATEC, inauguré en 2006 avec le CEA, et participe activement aux pôles de compétitivité Minalogic et Tenerrdis. Il est également impliqué dans plusieurs dispositifs structurants de la recherche française, tels que les Instituts Carnot « Logiciels et systèmes intelligents » et « Énergies du futur ».
Fort de cet ancrage scientifique et industriel, Grenoble INP - UGA bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance croissante, régulièrement confirmée par les classements nationaux et internationaux qui soulignent la qualité de ses formations, de sa recherche et de son lien étroit avec l’innovation.
Héritier d’une histoire plus que centenaire, l’établissement poursuit sa mission : former des ingénieur·es, des managers et des cadres capables d’imaginer, de concevoir et d’accompagner les grandes transformations technologiques, économiques et sociétales. Ouverture et diversité, responsabilité sociale et environnementale, dynamisme et innovation sont les maîtres mots de cette ambition partagée.
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