En 2019, lorsque Grenoble INP – UGA, établissement valorisateur de la technologie, lui consacrait un premier article, ROSI travaillait encore à l’industrialisation de son procédé de recyclage du silicium photovoltaïque. Six ans plus tard, la start-up grenobloise a changé d’échelle. En 2023, elle a ouvert ROSI Alpes, son premier site industriel, à Saint-Honoré, sur le plateau matheysin.
L’usine traite des panneaux photovoltaïques en fin de vie afin d’en extraire des matières à haute valeur ajoutée. Au-delà de l’aluminium et du verre, le procédé de ROSI permet de séparer le silicium de haute pureté, l’argent et le cuivre contenus dans les modules. Ces matériaux peuvent ensuite être réintroduits dans différents usages industriels.
De la preuve de concept à l’usine
La création de ROSI, en 2017, s’appuyait notamment sur l’expertise du SIMaP en matière de purification et de valorisation du silicium. Accompagnée par Grenoble INP – UGA puis Linksium, l’équipe a progressivement transformé cette innovation en une solution industrielle.
Conçu pour traiter jusqu’à 2 500 tonnes de panneaux par an, soit environ 150 000 modules, le site de Saint-Honoré poursuit sa montée en cadence. « Nous procédons encore à plusieurs ajustements pour atteindre pleinement notre objectif de production dans les prochains mois », explique Doraia Helal, ingénieure commerciale chez ROSI. L’entreprise prévoit également de poursuivre ses investissements en Isère afin d’augmenter les capacités de l’usine et, grâce à de nouveaux travaux de R&D, la valeur extraite de chaque panneau.
Cette première usine doit servir de modèle aux futures implantations. En avril 2026, ROSI a annoncé avoir sécurisé plus de 20 millions d’euros, associant une levée de fonds et des aides françaises et européennes, afin d’accélérer son déploiement.
L’Espagne, puis l’Allemagne
La prochaine étape se jouera à la Puebla de Hijar, en Espagne. Soutenue par le Fonds européen pour l’innovation dans le cadre du projet INSPIRE-PV, la future usine disposera d’une ligne automatisée capable de traiter jusqu’à 10 000 tonnes de panneaux par an. Les autorisations environnementales ont été obtenues en juillet 2026 et les études d’ingénierie sont en cours. La mise en service est visée au dernier trimestre 2027.
ROSI prévoit ensuite une implantation dans le Bade-Wurtemberg, en Allemagne, à l’horizon 2028. Ce pays, qui a très tôt développé le photovoltaïque, voit aujourd’hui une partie de ses installations arriver en fin de vie.
Cap sur l’Australie
En juin 2026, ROSI a également été sélectionnée avec cinq autres start-up françaises pour intégrer le Climate 4.0 Hub Flagship Accelerator. Porté par le centre franco-australien FACET et piloté par Swinburne University of Technology à Melbourne, ce programme accompagne pendant cinq mois des entreprises françaises dans leur découverte du marché australien. FACET est copiloté par le CEA, l’Université Grenoble Alpes et Swinburne University.
« L’Australie a été l’un des premiers pays à déployer massivement le photovoltaïque. Elle est donc déjà confrontée à une demande de recyclage et se montre très attentive à la qualité des solutions proposées », souligne Doraia Helal. Des discussions sont menées avec une entreprise australienne en vue d’un premier partenariat, possible nouvelle étape dans l’internationalisation de la technologie née à Grenoble.
*SIMaP : Science et ingénierie des matériaux et procédés (CNRS, Grenoble INP – UGA, UGA)