Du TIMC à la start-up CardiaMetrics : un capteur pour le cœur

Issue de travaux menés au laboratoire TIMC, la start-up d’origine grenobloise CardiaMetrics développe un capteur implantable permettant de suivre la fonction cardiaque des patient·e·s. Parmi ses cofondateurs figure Mathieu Ruhlmann, diplômé de Polytech Grenoble – INP, UGA.
Suivre plus efficacement l’état cardiaque des patients souffrant de pathologies chroniques ou fragilisés par certains traitements lourds : c’est l’ambition de la start-up d’origine grenobloise, CardiaMetrics, créée fin 2023. L’entreprise développe un capteur miniature implanté sous la peau capable de mesurer quotidiennement certains paramètres physiologiques liés à l’activité du cœur et de transmettre automatiquement les données aux équipes médicales.
La jeune pousse a été fondée par Thibaut Parmentier, Cindy Michel, Mathieu Ruhlmann et le cardiologue Rémi Sabatier. Diplômé de Polytech Grenoble – INP, UGA, en 2004, Mathieu Ruhlmann participe aujourd’hui au développement de cette technologie issue de la recherche grenobloise. « Quand Thibault m’a proposé de cofonder CardiaMetrics, je n’ai pas hésité longtemps ! Cela faisait sens pour moi et mes proches alors j’ai sauté. Le début n’a pas été simple du tout mais l’aventure semble vouloir bien tourner ! »
 
Une technologie issue du laboratoire TIMC
La solution développée par CardiaMetrics s’appuie sur plusieurs années de recherche menées au laboratoire TIMC*. Ces travaux ont porté sur le développement de capteurs implantables capables de mesurer certains indicateurs de la fonction cardiaque afin d’améliorer la surveillance et la prise en charge des patient·e·s sur de longues périodes.
Le projet a été imaginé par le Pr Philippe Cinquin, ancien directeur du laboratoire TIMC. Les premières recherches ont permis d’explorer le potentiel de capteurs implantables dans l’estomac pour la surveillance cardiaque et ont donné lieu à une première valorisation à travers la start-up SentinHealth.
Ces capteurs ont posé les bases technologiques qui ont conduit à la création de CardiaMetrics. La jeune entreprise s’inscrit dans cette continuité en poursuivant le développement de la technologie et en s’appuyant, entre autres, sur l’écosystème grenoblois de la recherche et de l’innovation.
 
Un suivi automatisé des patient·e·s
Aujourd’hui, de nombreux dispositifs de télésurveillance reposent sur des mesures ou des questionnaires que les patient·e·s doivent réaliser eux-mêmes à domicile. Cette organisation peut limiter la régularité des données recueillies et représenter une charge mentale indéniable pour des personnes déjà fragilisées par la maladie.
Le dispositif développé par CardiaMetrics vise à automatiser entièrement la collecte de ces informations. Une fois implanté sous la peau, le capteur mesure quotidiennement certains paramètres physiologiques et transmet les données aux équipes médicales, sans aucune action de la part du patient·e.
Cette approche promet un suivi plus fiable et plus réactif, notamment pour les patient·e·s souffrant d’insuffisance cardiaque ou recevant des traitements susceptibles d’affecter la fonction cardiaque, comme certaines chimiothérapies. L’analyse de ces données pourrait également contribuer à détecter plus précocement certaines dégradations de l’état de santé.
 
Vers les premières études cliniques
CardiaMetrics prépare désormais les prochaines étapes du développement de sa technologie. L’entreprise prévoit la mise en place d’une étude clinique entre 2026 et 2028 afin d’évaluer les performances du dispositif et son intérêt pour la prise en charge des patients.
L’objectif est ensuite d’obtenir les autorisations réglementaires nécessaires, notamment la certification européenne et l’approbation de la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis. À terme, la start-up ambitionne de déployer sa solution en Europe et en Amérique du Nord et de contribuer au développement de nouvelles approches dans la prise en charge à distance des maladies chroniques.
 


*CNRS / UGA / VetAgro Sup / Grenoble INP - UGA

 

La valorisation en quelques chiffres

  • Trophées CURIE : finaliste en 2016 ; lauréat en 2017
  • 300 actifs de propriété intellectuelle dont 50% en mandat Grenoble INP
  • Brevets valorisés à 90%
  • Forte dynamique dans la SATT avec 30% des projets portés par Grenoble INP

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