Catherine Picart, professeure à Grenoble INP - Phelma et responsable de l’équipe BRM* du CEA
Réparer les lésions osseuses importantes, souvent incurables par les techniques actuelles, tel est le défi que tente de relever Catherine Picart depuis des années. L’aventure a commencé par des preuves de concept financées par le Conseil européen de la recherche (ERC), qui lui ont permis de jeter les bases de son projet visant à élaborer de nouveaux matériaux multifonctionnels à base de biopolymères au LMGP (CNRS / UGA / Grenoble INP - UGA).
Elle a franchi en 2016 une étape cruciale en démontrant, chez des rats, la capacité de films biomimétiques à favoriser la réparation osseuse d’os de fémur. Cette avancée, réalisée en partenariat avec le professeur Bettega, chef du service de chirurgie maxillo-faciale de l’hôpital d’Annecy, a donné lieu au dépôt d’un brevet en 2020.
Les applications potentielles de cette innovation sont vastes. Chirurgie dentaire, maxillo-faciale, orthopédique ou encore réparation du rachis : les implants 3D bioactifs pourraient offrir une alternative aux greffes osseuses, souvent douloureuses et peu adaptées aux patients souffrant de pathologies telles que le diabète ou l’ostéoporose.
L’ambition de Catherine Picart et de son équipe est désormais claire : industrialiser ces implants pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Cette transition vers la production en série, soutenue par l’incubateur SATT Linksium et par les cellules de valorisation de Grenoble INP et du CNRS, vise la création d’une start-up baptisée APIOS d’ici 2025.
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