Journée internationale des femmes et des filles dans les sciences

A l'occasion de la Journée internationale des femmes et des filles dans les sciences le 11 février, découvrez quelques portraits des femmes scientifiques et engagées pour développer l’attrait de jeunes talents vers l’ingénierie et les sciences.
Geneviève Jourdain, ingénieure, professeure et chercheuse française

Geneviève Jourdain (1945–2006) est une ingénieure, professeure et chercheuse française majeure du traitement du signal. Diplômée de l'ENSERG, aujourd'hui Grenoble INP - Phelma, UGA, en 1966, elle obtient son doctorat en 1970 et son doctorat d’Etat en 1976 avec un travail qui fera référence sur « la caractérisation des ondes propagées dans un milieu fluctuant ». Pionnière dans le domaine du traitement du signal et de ses applications, elle est à l’origine du développement de ce secteur en formation et en recherche à Grenoble.

Distinguée Chevalier de l’ordre national du Mérite en 1999, Geneviève Jourdain a également fait l’objet de plusieurs hommages. Une résidence étudiante du CROUS porte son nom sur le campus scientifique de la Presqu’île de Grenoble, et en 2026, elle a été choisie parmi les 72 femmes scientifiques dont le nom figurera sur la tour Eiffel, reconnaissant ainsi l’importance de son héritage scientifique.

Juliette Martin : jeune diplômée animée par la passion des sciences

Diplômée de Grenoble INP – Ense³, UGA, Juliette Martin est aujourd’hui ingénieure installation générale chez EDF Edvance. À seulement 25 ans, elle travaille sur le chantier du réacteur C de la centrale nucléaire d’Hinkley Point, au Royaume-Uni, l’un des plus grands projets énergétiques européens.

Après un parcours international et une formation d’ingénieure tournée vers les enjeux énergétiques, elle intervient au cœur du chantier pour analyser et traiter les écarts entre le design initial et la réalité du terrain, en lien étroit avec les équipes et les sous-traitants.

Parallèlement à ses responsabilités professionnelles, Juliette s’engage activement pour promouvoir les sciences et les métiers de l’ingénierie auprès des jeunes, en particulier des jeunes filles. À travers ses actions avec EDF, Elles bougent ou la Fondation CGénial, elle œuvre à transmettre le goût des sciences et à encourager de nouvelles vocations.

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Catherine Picart, professeure à Grenoble INP - Phelma et responsable de l’équipe BRM* du CEA

Réparer les lésions osseuses importantes, souvent incurables par les techniques actuelles, tel est le défi que tente de relever Catherine Picart depuis des années. L’aventure a commencé par des preuves de concept financées par le Conseil européen de la recherche (ERC), qui lui ont permis de jeter les bases de son projet  visant à élaborer de nouveaux matériaux multifonctionnels à base de biopolymères au LMGP (CNRS / UGA / Grenoble INP - UGA).

Elle a franchi en 2016 une étape cruciale en démontrant, chez des rats, la capacité de films biomimétiques à favoriser la réparation osseuse d’os de fémur. Cette avancée, réalisée en partenariat avec le professeur Bettega, chef du service de chirurgie maxillo-faciale de l’hôpital d’Annecy, a donné lieu au dépôt d’un brevet en 2020.

Les applications potentielles de cette innovation sont vastes. Chirurgie dentaire, maxillo-faciale, orthopédique ou encore réparation du rachis : les implants 3D bioactifs pourraient offrir une alternative aux greffes osseuses, souvent douloureuses et peu adaptées aux patients souffrant de pathologies telles que le diabète ou l’ostéoporose.

L’ambition de Catherine Picart et de son équipe est désormais claire : industrialiser ces implants pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Cette transition vers la production en série, soutenue par l’incubateur SATT Linksium et par les cellules de valorisation de Grenoble INP et du CNRS, vise la création d’une start-up baptisée APIOS d’ici 2025.

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Cécile Sillard, ingénieure au LGP2*

Financé par l’ANR, le projet Napkins réunit quatre partenaires académiques : le LGP2, le CEMEF des Mines de Paris, le laboratoire 3SR**, et le LERMAB de Nancy.

Il a pour objectif de créer des serviettes hygiéniques composées uniquement de matériaux biosourcés et entièrement biodégradables. Pour y parvenir, les chercheurs et chercheuses doivent relever plusieurs défis techniques, notamment la mise au point d'une structure résistante à l'humidité tout en utilisant des matériaux hydrophiles.

Le projet Napkins ne se contente pas d'innover sur le plan technique : il se distingue également par sa philosophie de science ouverte. Les chercheurs ont choisi de ne pas déposer de brevet afin de partager librement leurs résultats. « Nous voulons que les filles et les femmes du monde entier puissent bénéficier de protections hygiéniques abordables et respectueuses de l'environnement. » Cette volonté de transparence s'inscrit dans une démarche de démocratisation de la recherche, avec pour ambition d'influencer positivement les pratiques industrielles.

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* CNRS / UGA / Grenoble INP - UGA / Agefpi
** CNRS / UGA / Grenoble INP - UGA

 
Céline Ternon, lauréate du prix Irene Joliot-Curie 2024

Céline Ternon, maitresse de conférences à Grenoble INP - Phelma, UGA et chercheuse au LGMP* a reçu vendredi 7 mars le prix spécial de l’engagement lors de la cérémonie de remise des prix Irène Joliot-Curie à Paris.

Sensibilisée aux questions de genre depuis de nombreuses années, Céline Ternon est chargée de mission égalité femmes-hommes de Grenoble INP - UGA depuis sa nomination en février 2020. Elle a mis en place et pérennisé de nombreuses actions fortes pour encourager les femmes à faire évoluer leur carrière, pour mener des projets de sensibilisation de grande ampleur au sein de l’établissement, pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles de la manière la plus efficace possible. Céline Ternon est fortement investie depuis 2012 dans l’association Parité Science dont elle est aujourd’hui vice-présidente. Depuis novembre 2024, en quête de nouveaux challenges et de nouveaux horizons, elle travaille en tant que chercheuse invitée à l’Université de Wellington en Nouvelle Zélande.

Cette carrière exemplaire a été ponctuée de reconnaissances associées à chacune des facettes de son métier comme la prime d’excellence scientifique pour la recherche, le prix Jean-François Fiorina de l’innovation pédagogique pour l’enseignement ou encore le prix Ingénieuses de la CDEFI pour ses actions menées à Grenoble INP - UGA, et aujourd’hui le prix Irène Joliot-Curie à la fois pour sa carrière scientifique et pour son engagement en faveur de l’orientation des jeunes filles vers les sciences.

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* CNRS / UGA / Grenoble INP - UGA

Clotilde Waltz, journaliste scientifique à Grenoble INP - UGA

Après une classe préparatoire scientifique, Clotilde Léger-Waltz intègre l’ENSA de Rennes, dont elle est diplômée en 1996. Ingénieure de formation, elle choisit de ne pas poursuivre en thèse et s’oriente vers le journalisme scientifique. Elle rejoint la rédaction d’un magazine parisien spécialisé en biotechnologies, où elle exerce plusieurs années, tout en collaborant avec différents titres de la presse scientifique et économique, parmi lesquels Sciences et Vie, Sciences et Avenir et L’Usine Nouvelle.

Installée ensuite à Grenoble, elle travaille en agence de communication et en tant que freelance, notamment pour le CEA, avant d’intégrer Grenoble INP – UGA. Au sein de la direction de cabinet et de la communication, elle valorise les travaux de recherche et les innovations portées par les quarante laboratoires de l’établissement. Elle contribue à rendre les avancées scientifiques compréhensibles et visibles auprès du grand public, tout en nourrissant un dialogue constant avec les chercheurs et chercheuses.   

Nous tenons également à remercier TOUTES les femmes qui font Grenoble INP - UGA, que ce soit les étudiantes mais aussi l'ensemble du personnel féminin qui participe chaque jour à la renommée de l'établissement.
 

Quelques initiatives remarquables

Crédits photos :

  • Cécile Sillard - Antoine Julien
  • Geneviève Jourdain - Dominique Albonico
  • Adobe Stock