50 ans au cœur de Grenoble INP - UGA

Jean-Paul Yonnet, chercheur CNRS au G2Elab et enseignant à Grenoble INP – Ense3, est l'un des rares témoins à avoir été témoin de 50 ans d’évolution de l’Institut polytechnique de Grenoble.
Un demi-siècle s’est écoulé depuis que Jean-Paul Yonnet est entré à Grenoble INP- UGA, qu’il n’a jamais quitté depuis ! D’abord en tant qu’étudiant, puis en tant que chercheur et enseignant. En 1972, à 19 ans, il intègre en effet l’ENSEGP, l’Ecole Nationale Supérieure d’Electrotechnique et Génie Physique de Grenoble (ancêtre de l’ENSIEG et puis de Grenoble INP - Ense3, UGA), dont il sort major de promo trois ans plus tard. « Nous avons été la première promotion à intégrer les locaux flambants neufs de l’école sur le campus, se souvient-il. A cette époque, le président de ce que l’on appelait alors ‘l’insti’ était Louis Néel, qui avait obtenu le prix Nobel de physique deux ans plus tôt ! »

Le jeune ingénieur se lance ensuite dans une thèse de doctorat sur les paliers magnétiques passifs à aimants permanents* au Laboratoire des Essais Electriques** de l’INPG. Dès la fin de sa thèse, il obtient un poste d’enseignant vacataire dans son école d’origine, l’ENSEGP, puis un an plus tard il entre au CNRS comme Attaché de Recherches à seulement 23 ans au Laboratoire des Essais Electriques. De là, il passe Chargé de Recherches, puis Directeur de Recherches CNRS en 1988.
Depuis 2017, date à laquelle il aurait pu prendre une retraite bien méritée, il poursuit sa carrière de chercheur en tant que Directeur de Recherche CNRS Emérite, et assure des missions de conseil auprès d’entreprises. Il quittera Grenoble INP – UGA cet été.
 

Les aimants permanents comme fil conducteur


Lors de sa carrière de chercheur, il a essentiellement travaillé sur les aimants permanents et a déposé une quarantaine de brevets sur leurs diverses applications et utilisations. « Moteurs de véhicules électriques, éoliennes… Il y a des aimants permanents partout, dans tous les systèmes modernes ! explique-t-il. Pour la société GULPLUG, qui fabrique des prises de recharge pour véhicules électriques, j’ai par exemple contribué à mettre au point des prises magnétiques qui se connectent toutes seules, sous la voiture. J’ai également travaillé sur des capteurs de position angulaire magnétiques à aimants permanents pour des carburateurs et des gouvernes d’avion. »

Mais ce n’est pas tout. Les paliers magnétiques sont utilisés pour éviter l’usure et les frottements dans de nombreux systèmes tournant à très grande vitesse. C’est le cas notamment dans l’industrie nucléaire pour l’enrichissement de l’uranium, ou encore pour le positionnement des satellites géostationnaires soumis aux vents solaires grâce à des volants d’inertie.

Jean-Paul Yonnet se souvient également avec fierté de sa collaboration avec la société Dynastar, à Sallanches, pour qui il a mis au point un système d’amortissement magnétique destiné aux skis haut de gamme, et qui a été commercialisé pendant plusieurs années. « Il s’agit d’un dispositif situé entre la spatule et la chaussure, qui permet de filtrer les vibrations à fréquence élevée, et d’éviter que le ski ne vibre sur la glace et ne décroche. »

Enfin, ayant été pendant 8 ans membre du Conseil Scientifique de l’INRETS (Institut National de Recherche et Etudes sur les Transports et leur Sécurité, devenu IFSTTAR), Jean-Paul Yonnet a beaucoup travaillé pour ce domaine des transports. Il a par exemple développé des capteurs de vitesse à effet Wiegand (effet magnétique) destinés à équiper les TGV pour la société Faiveley.

Si la carrière de chercheur de Jean-Paul Yonnet se termine, il poursuivra sa mission de conseil aux start-up pendant encore quelques années. Bonne continuation !


*Un palier magnétique est un palier qui supporte une charge grâce aux forces magnétiques (ou "lévitation magnétique"). Les paliers magnétiques permettent le support de pièces mobiles sans contact physique.

**Le Laboratoire d’Essais Electriques a rejoint le laboratoire d’Electrotechnique en 1980 pour donner naissance au Laboratoire d’Electrotechnique de Grenoble (LEG), lequel fusionnant avec le LEMD en 2007, donnera naissance à l’actuel G2ELab (CNRS, Grenoble INP, UGA). Ce laboratoire est sur le site
GreEn-ER depuis 2015.