Produire davantage d’énergie tout en réduisant fortement les émissions de carbone : l’équation énergétique des prochaines décennies impose une transformation profonde des systèmes de production. En France, cette trajectoire repose notamment sur la relance de la filière nucléaire, appelée à jouer un rôle central dans la souveraineté énergétique et la décarbonation.
Mais cette ambition industrielle ne pourra se concrétiser sans compétences. D’ici dix ans, la filière prévoit jusqu’à 10 000 recrutements par an, dans des métiers allant de la conception des réacteurs à leur exploitation, leur maintenance ou leur démantèlement.
C’est pour répondre à ce défi que Grenoble INP – UGA et l’Université Grenoble Alpes portent le projet N2G2V (Nouvelles Générations de diplômés en Nucléaire à Grenoble et Valence), lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt Compétences et Métiers d’Avenir (CMA) du plan France 2030, officiellement inauguré mercredi 25 février 2026 au Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie (LPSC*).
Une inauguration au cœur d’un écosystème scientifique et industriel
Réunissant partenaires industriels, représentant·es institutionnel·les et acteurs et actrices de la formation, la matinée d’inauguration a mis en lumière le rôle stratégique de l’enseignement supérieur dans l’avenir de la filière nucléaire.
Après l’accueil d’Isabella Zin Tomasino, vice-présidente Formation de Grenoble INP – UGA, l’Université des Métiers du Nucléaire a rappelé l’ampleur des besoins nationaux en compétences et les actions engagées pour attirer, former et recruter les talents nécessaires au secteur.
Les porteurs du projet, Adrien Bidaud pour Grenoble INP – UGA et Frédéric Mayet pour l’Université Grenoble Alpes, ont ensuite présenté les ambitions du CMA N2G2V, avant les interventions de Vivien Quéma, administrateur général de Grenoble INP – UGA, de Yassine Lakhnech, président de l’UGA, et de Mohammed Benlahsen, recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation en Auvergne-Rhône-Alpes.
La cérémonie s’est conclue par un geste inaugural et la visite des plateformes expérimentales du LPSC, illustrant concrètement les infrastructures mobilisées pour former les futur·es expert·es du nucléaire.
Augmenter fortement le nombre de diplômés en nucléaire
Soutenu par France 2030, le projet CMA N2G2V s’appuie sur un consortium associant établissements académiques et grands industriels du secteur : EDF, Framatome, Orano, Assystem, CORYS, Groupe D&S, NUVIA France, Onet Technologies, Worldgrid France (Alten), avec l’implication de l’Université des Métiers du Nucléaire (UMN).
Il vise une augmentation de 67 % du nombre de diplômé·es, principalement au niveau ingénieur·e et master, en renforçant des formations déjà reconnues par la filière et positionnées sur des métiers en tension. À Grenoble et Valence, les effectifs passeront ainsi d’environ 250 étudiant·es aujourd’hui à près de 400 dans les prochaines années.
Attirer et diversifier les talents du nucléaire
Au-delà du développement des formations, N2G2V ambitionne de renouveler l’attractivité du secteur auprès des jeunes générations. Actions dans les lycées, formation d’enseignant·es, participation à des salons ou création de bourses dédiées doivent permettre d’élargir les profils recrutés et de favoriser l’ouverture sociale et internationale des cursus.
L’objectif est également de faciliter les passerelles vers le nucléaire pour des étudiant·es issu·es d’autres spécialités d’ingénierie, grâce à une « coloration nucléaire » intégrée dans plusieurs formations existantes.
Grenoble, un site clé pour former le nucléaire de demain
Instrumentation, sûreté, fonctionnement des réacteurs, simulation d’exploitation ou matériaux pour l’énergie : le projet s’appuie sur des plateformes pédagogiques et scientifiques développées en étroite collaboration avec les industriels.
Cette dynamique illustre pleinement la force du modèle grenoblois, fondé sur l’articulation entre recherche, formation et innovation industrielle. En renforçant son offre de formation dans le cadre du programme CMA France 2030, Grenoble INP – UGA confirme son rôle majeur dans la formation des ingénieur·es appelé·es à relever les défis énergétiques et climatiques des prochaines décennies.
*CNRS / UGA / Grenoble INP - UGA