Issue de recherches au G2Elab, SUMOT reçoit un Grand Prix i-Lab 2026 et une aide de 600 000 euros. Un soutien décisif pour développer sa technologie d’optimisation des moteurs électriques, renforcer son équipe et préparer ses premières applications industrielles.
Moins d’un an après sa création, SUMOT franchit une nouvelle étape. La start-up figure parmi les dix Grands Prix du concours i-Lab 2026, qui a distingué 69 projets sur 569 candidatures. Elle bénéficie d’une subvention de 600 000 euros, le montant maximal accordé par ce dispositif. Pour Robin Thomas, cofondateur de l’entreprise, ce financement doit permettre d’accélérer les développements techniques et d’aborder les enjeux de l’industrialisation.
Créée à l’automne 2025, accompagnée par Linksium et toujours hébergée au G2Elab*, SUMOT transforme une innovation de laboratoire en solution pour les motorisations électriques. Robin Thomas et Quentin Loeuillet, tous deux ingénieurs-docteurs diplômés de Grenoble INP – Ense³, UGA, en portent le développement.
Des prototypes pensés pour la fabrication
La technologie de SUMOT vise à mieux adapter les moteurs à leurs usages réels. Plutôt que de les dimensionner pour les sollicitations les plus fortes, rarement rencontrées, elle permet de fournir un surcroît de puissance ponctuel grâce à une électronique de commande spécifique. L’objectif : réduire la taille des moteurs et leur consommation de matériaux, tout en conservant les performances nécessaires.
Depuis février, l’entreprise a poursuivi ses travaux sur le pilotage de ses systèmes électroniques et engagé une nouvelle phase de prototypage. « On travaille sur le développement de nouveaux prototypes qui commencent à intégrer des enjeux préindustriels », explique Robin Thomas. Choix des composants, facilité de fabrication et estimation des coûts sont désormais étudiés conjointement avec la validation expérimentale.
Accompagnée par un bureau d’ingénierie lyonnais, l’équipe vise un démonstrateur pour la fin de 2026 ou le début de 2027. Celui-ci sera testé sur des bancs d’essais moteurs, avant une intégration dans un véhicule envisagée courant 2027. Il s’agit de vérifier les bénéfices de la solution dans des conditions représentatives de son utilisation future.
La micromobilité comme premier terrain d’application
Pour ce premier produit, SUMOT concentre ses efforts sur la micromobilité : voiturettes, quads ou petits véhicules électriques. Elle cible des systèmes fonctionnant sous 48 volts, pour une puissance de l’ordre de 10 kilowatts, également utilisés par certains équipements embarqués.
La start-up poursuit ses échanges avec des industriels pour conduire des études et préparer les essais de ses prototypes. D’autres applications sont explorées dans la robotique, le ferroviaire ou les drones. Des développements spécifiques pourraient déboucher sur des licences permettant aux industriels d’exploiter la technologie.
La fabrication du premier produit sera confiée à des partenaires spécialisés. « On ne vise pas à produire directement, à monter des usines », précise Robin Thomas. SUMOT entend s’appuyer sur les compétences existantes en industrialisation électronique.
Grandir en restant proche du laboratoire
L’aide i-Lab doit aussi soutenir le renforcement de l’équipe. Après l’embauche en septembre d’un ingénieur diplômé de Grenoble INP – Phelma, UGA, à l’issue de son stage, un à deux recrutements d’ingénieurs supplémentaires sont envisagés en 2027. Le développement commercial, aujourd’hui appuyé par un intervenant extérieur, pourrait également être internalisé.
Ce financement, complété par des concours bancaires, permet de reporter une première levée de fonds au premier semestre 2028. L’entreprise souhaite alors disposer d’une technologie plus mature pour financer l’industrialisation et le déploiement de son offre.
Cette croissance pose aussi la question des locaux. « La priorité, c’est de rester proche du laboratoire », souligne Robin Thomas. L’accès aux plateformes d’essais du G2Elab et la poursuite des collaborations scientifiques restent essentiels pour accompagner le passage de la recherche au produit.