Doors Photonics : la photonique sur verre récompensée par i-Lab
Issue des recherches du CROMA, Doors Photonics est lauréate du concours i-Lab 2026 pour ses lasers intégrés sur verre à très faible bruit. Cofondée par Jean-Emmanuel Broquin, enseignant-chercheur à Grenoble INP – Phelma, UGA, la start-up prépare leur industrialisation.
Miniaturiser un laser sans sacrifier la stabilité de sa lumière : pour les technologies quantiques, le défi est crucial. Doors Photonics s’y attaque avec des sources laser intégrées sur une petite puce de verre. Issue des recherches du CROMA*, la start-up grenobloise vient d’être récompensée au concours i-Lab 2026.
À l’origine du projet, deux profils complémentaires : Jean-Emmanuel Broquin, spécialiste de la photonique sur verre, et Arnaud Rigny, qui apporte son expérience industrielle. Le premier assure la direction technique de l’entreprise, le second la préside. Leur ambition : transformer une technologie de laboratoire en produits répondant aux besoins des utilisateurs.
Le meilleur de deux familles de lasers
Pour les applications exigeant une lumière très pure, les solutions existantes présentent chacune leurs limites. Les lasers à base de semi-conducteurs se prêtent à la miniaturisation, mais leur stabilité peut être affectée par les variations de température. Les lasers à fibre optique présentent une grande stabilité, mais leur intégration dans des dispositifs compacts est plus difficile.
La technologie HyGlass développée par Doors Photonics cherche à réunir ces avantages sur un support en verre. « On veut réunir le meilleur des deux mondes, résume Jean-Emmanuel Broquin. L’objectif est de produire des lasers compacts, robustes et à très faible bruit : autrement dit, une lumière dont les fluctuations sont réduites au minimum. De plus, plusieurs sources peuvent ainsi être réunies sur une même puce. »
L’un des premiers débouchés de cette approche sont les technologies quantiques, notamment les dispositifs utilisant des atomes froids, pour lesquels la précision des faisceaux laser est essentielle. La start-up vend déjà des prototypes et fournit des produits dans le cadre du plan quantique français. À terme, elle vise aussi les télécommunications à très haut débit et les connexions optiques entre processeurs pour l’intelligence artificielle.
Du prototype au produit
Le prix obtenu par Doors Photonics au concours i-Lab 2026 distingue le développement de ces lasers à très faible bruit. Pour Jean-Emmanuel Broquin, au-delà du financement, cette reconnaissance apporte surtout un « label ».
Le défi porte désormais sur la fiabilisation des produits et la montée en volume. Fabriquer une puce ne suffit pas : il faut ensuite la découper, la connecter et la mettre en boîtier pour obtenir un dispositif utilisable. Doors Photonics prépare une levée de fonds pour soutenir cette évolution. Une ligne pilote doit précéder le passage à une production de masse, visé à l’horizon 2030.
Grandir en restant proche de la recherche
La start-up entend conserver un lien étroit avec son laboratoire d’origine. Elle utilise aujourd’hui les équipements du CROMA et envisage la création d’un laboratoire commun. Cette continuité doit permettre de poursuivre les recherches tout en développant les produits.
L’entreprise compte actuellement trois personnes et prévoit deux recrutements d’ici janvier 2027, notamment parmi les jeunes chercheurs formés au laboratoire. Elle vise un effectif de plus de dix collaborateurs fin 2027. Désormais en disponibilité pour piloter Doors Photonics, Jean-Emmanuel Broquin n'en a pour autant pas quitté les salles de cours. Il continue en effet d'assurer bénévolement deux cours à Grenoble INP – Phelma, UGA. « Une manière de maintenir le lien entre recherche, formation et innovation. »