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Hugo Kajdas, ingénieur Grenoble INP et serial startuper !

Publié le 22 novembre 2019
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Diplômé de Grenoble INP – Ense³ en 2013, ce jeune trentenaire vient de rempiler pour créer sa 3e start-up après déjà 6 ans d’aventure entrepreneuriale. Portrait d’un jeune ingénieur que l’on peut qualifier de serial startuper !

hugo kajdas serial startuper

hugo kajdas serial startuper

Bonjour, peux-tu nous parler de ton parcours et de tes années à Grenoble INP ?

Très attiré par Grenoble INP, mais aussi par les montagnes, j’ai intégré Grenoble INP - Ense³. Pour mon projet de fin d’études, j’étais chez ERDF à la direction des finances à La Défense et j’ai tout de suite compris que cet environnement n’était pas ma tasse de thé. Je cherchais à monter un projet en parallèle de ce stage. J’avais déjà réalisé un blog quand j’étais à Grenoble et avais donc une petite expérience en gestion de projet.

Quel était ce projet ?

Ma sœur, cavalière professionnelle, avait un problème avec sa jument trop stressée. C’était dramatique pour elle qui se lançait alors dans cette carrière. Après des recherches sur le lien entre la musique et le bien-être du cheval, j’ai eu l’idée d’équiper cet animal d’un casque audio afin de la détendre.

Nous avons créé un prototype sous forme de bonnet pour tester et l’effet fut immédiat ; ma sœur n’en revenait pas ! Nous avons multiplié les tests afin d’améliorer notre prototype et j’ai ensuite rejoint un incubateur en Normandie à Caen, le pays de l’équitation. C’est ainsi qu’à la fin de mon stage, j’avais obtenu une bourse de 40 000 € pour réaliser un premier prototype produit ! J’ai également déposé un brevet dans de nombreux pays.

Quelle a été ta stratégie pour te déployer ?

J’ai mis en place une étude scientifique avec l’institut français du cheval et de l’équitation et le CNRS et des tests cliniques ont été mis en place durant un an et demi sur le comportement équin et la musique. Mi 2014, les résultats ont été publiés : la musique classique réduit le stress chez les chevaux et améliore également leur temps de récupération ! Asseoir la légitimité scientifique de notre produit a été une étape très importante du projet.

A partir de ce moment, nous avons commencé à présenter notre produit à des cavaliers professionnels reconnus. Le produit leur a plu alors ils ont joué le jeu. La campagne de communication a été lancée ainsi dans le milieu équestre et la consécration est arrivée : le champion olympique a présenté notre produit au 20h de TF1 ! Le buzz sur les réseaux sociaux a été incroyable.

Après une campagne de précommandes en B2C, nous avions une centaine de produits vendus : le marché était trouvé ! J’ai alors rencontré un fond d’investissement qui était intéressé par notre démarche, notamment l’étude scientifique et, fin 2015, ils ont investi 1 million d’euros !

Nos produits étaient moulés en Chine et l’assemblage, assez complexe, des composants électroniques réalisé en Normandie. Une appli a été lancée en parallèle avec des créations musicales adaptées au pas, trot et galop. Nous avons mené une campagne sur les réseaux sociaux et sommes arrivés à 2 000 ventes en B2C ! J’ai également lancé des formations professionnelles pour les moniteurs d’équitation, devenus ainsi des prescripteurs. Cette aventure s’est terminée pour moi en 2018 : j’ai revendu Horsecom à un concurrent. Nous étions alors en pic de croissance et comptions environ 30 collaborateurs.
 
Horsecom

Qu’as-tu fait après la conclusion de cette belle aventure ?

J’avais envie de faire quelque chose de plus calme. J’ai alors commencé à livrer à vélo, aux entreprises du quartier, des repas que je cuisinais. J’ai ensuite formé des chefs pour faire de même : trouver des clients, monter l’entreprise, étudier la rentabilité, etc. Finalement, j’ai franchisé 10 chefs qui réalisent 15 000 repas par an !

Quels sont tes projets aujourd’hui ?

J’ai investi dans Bumpair, une entreprise créée par un ancien associé. Il s’agit de casques gonflables. J’y consacre un tiers de mon temps cette année et suis simplement actionnaire et board member. Nos clients sont les fournisseurs de trottinettes en libre-service, c’est un gros marché qui a une croissance significative !

Sinon depuis quelques semaines, je cherchais un projet. Je me suis donc engagé écologiquement et socialement avec Imagination Machine et j’ai commencé à travailler sur un projet qui a vocation à capter et orienter l’épargne des gens vers des actifs à impact sociaux et environnementaux positifs. C’est très intéressant !

Quels sont les apports de ta formation d’ingénieur dans un tel parcours ?

Ma formation m’a appris à être à l’aise avec n’importe quel sujet technique : à le décortiquer, le comprendre et pouvoir ensuite le prendre en main. Cette agilité et cette capacité d’apprentissage très rapide sont des qualités que j’ai acquise durant ma formation d’ingénieur, ainsi que la capacité à animer un groupe technique. Les différents travaux pratiques nous ont également appris à travailler en collaboration et manager des ingénieurs et collaborateurs qui souvent sont bien plus techniques que moi ! Nous avons également expérimenté la gestion de projet et cela m’a beaucoup aidé !

Un message pour des jeunes ingénieurs qui auraient envie de se lancer ?

Les ingénieurs formés par Grenoble INP ont la capacité de travail, la technique et les talents parfaits pour intégrer le milieu très dynamique des startups et y apporter beaucoup de valeur ajoutée. Je pense qu’en startup, on peut changer le monde à un niveau individuel, beaucoup plus que dans des grands groupes. Pour moi les startups c’est le futur ! Elles sont sources de progrès, d’innovation et posent les vraies questions du marché.
Et lorsque l’on est bien organisé durant ses années d’école, nous avons du temps libre. C’est un bon moyen pour commencer à monter des projets, et pas uniquement faire la fête !

Elèves et diplômés de Grenoble INP tentés par l’aventure entrepreneuriale, n’hésitez pas à me contacter !!
 
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mise à jour le 2 décembre 2019

Univ. Grenoble Alpes