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Etiquettes autocollantes sans protection siliconée

Mis à jour le 22 mars 2013
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Des chercheurs de Grenoble INP ont mis au point un nouveau type d’étiquette autocollante, écologique et recyclable, ne nécessitant pas de protection siliconée. Cette dernière est remplacée par un adhésif sensible à la pression, contenu dans des microcapsules.

Nous avons rencontré Didier Chaussy, chercheur au LGP2, qui a participé à ce projet avec Naceur Belgacem, directeur du laboratoire.

Presse pour l'impression d'autocollants

Vous avez récemment publié des travaux sur les papiers autoadhésifs micro encapsulés dans une revue scientifique. Pouvez-vous nous dire de quoi il s'agit ?

Didier Chaussy : Ces travaux, qui ont fait l'objet de la thèse de Johanne Empereur, ont été menés dans le cadre du projet européen Craft Star, dont l'objectif est de développer des matériaux et papiers autoadhésifs sans protection siliconée. La protection siliconée, c'est cette partie qui est décollée, puis jetée lorsqu'on utilise un autocollant. Savez-vous que ce liner de silicone, très technique, représente à lui seul entre 60 et 80% du prix du produit fini ? Il pose, en outre, un vrai problème environnemental : souvent jeté n'importe où, son élimination dans les incinérateurs est générateur de pollution et provoque un colmatage des chaudières. L'idée est donc ici de le supprimer purement et simplement, et de le remplacer par un adhésif microencapsulé.

Comment procédez-vous exactement ?

D. C. : L'adhésif est intégré dans des microcapsules, par deux méthodes. La première est une technique comparable à celle utilisée pour encapsuler l'encre sur les papiers "carbone", mais nous nous consacrons surtout à l'étude d'une autre méthode, dite de "coacervation", qui permet de fabriquer de petites capsules à partir de produits naturels comme la gélatine ou le chitosane, l'un des constituants de la carapace des crustacés.

Une fois fabriquées, les microcapsules sont ajoutées à d'autres composants (liants et additifs) pour aboutir à une formulation spécialement adaptée à cette application. Enfin, nous avons travaillé sur la technique de dépose de l'ensemble bain + capsules sur la surface à encoller. Comme les microcapsules sont sensibles à la pression, la préparation est dosée par jet d'air plutôt qu'avec une lame de métal comme cela est fait classiquement. On peut également détourner le procédé d'impression par flexographie pour encoller la surface.

 

Comment l'utilisateur procèdera-t-il pour coller ce type de produit ?

D. C. : Le collage se fait par simple pression, laquelle casse les capsules et libère l'adhésif. Nous devons maintenant poursuivre nos travaux pour optimiser la résistance des capsules à la pression. En effet, les capsules doivent être suffisamment résistantes pour ne pas céder lors des différentes opérations de fabrication de l'étiquette (encollage,impression...), mais pas trop non plus pour ne pas entraver la phase d'utilisation du produit (collage).

Afin de finaliser le produit, nous avons fait une demande de financement à l'ANR, qui a été acceptée. Le projet se poursuit depuis janvier 2009 sous le nom d'Ecolabels. Il réunit un consortium d'industriels français, ainsi que deux laboratoires de recherche, qui doivent mener le produit jusqu'à la phase d'industrialisation.

 

 

Quel est le marché des papiers autoadhésifs ?

D. C. : Le marché mondial annuel des autoadhésifs représente 57 milliards de dollars, pour une surface de 30 milliards de mètres carrés. Les deux tiers de ces produits sont dotés de liner de silicone.

D'autres secteurs pourraient être intéressés par cette innovation, bien au-delà de la papeterie et de l'imprimerie. Ainsi, nous avons par exemple déjà été contactés par un fabricant de lino adhésif bien connu, pour évaluer cette solution de collage pour leurs produits. De plus, le marché des autoadhésifs est appelé à croître énormément, notamment lorsque les étiquettes RFID débarqueront sur le marché de la grande consommation.

(Article issu du "à savoir" n° 82)

 


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mise à jour le 22 mars 2013

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