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Donner vie aux connaissances scientifiques

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150 ème anniversaire de la crue de référence de l'Isère, comprendre pour prévoir

Mis à jour le 22 mars 2013
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Il y a 150 ans, Grenoble et la vallée du Grésivaudan étaient submergés par une crue historique& dont les dégâts furent considérables. Décryptage& historique et scientifique avec Charles Obled, Professeur à Grenoble INP - Ense3 et chercheur au Laboratoire d'étude des Transferts en Hydrologie et Environnement (LTHE).

Pourquoi revenir aujourd'hui sur un événement de 1859 ? Charles Obled : Cette crue du 2 novembre 1859 est aujourd'hui la crue de référence de l'Isère, c'est-à-dire la plus forte crue connue, contre laquelle il convient de prévoir et d'aménager le territoire afin de protéger les habitants, les habitations, les infrastructures etc. Cette inondation n'a fait que six victimes, mais elle a bouleversé la région. La plaine en amont et en aval de Grenoble n'était plus qu'un immense lac. On a relevé, par exemple, 1,25 m d'eau place Grenette. Routes et ponts furent endommagés, les récoltes anéanties, les marchandises stockées dans les caves et les rez-de-chaussée détruites ... la liste des dommages est longue. En étudiant cet événement, les intérêts socio-historiques et scientifiques se croisent. C'est pourquoi le Pôle Grenoblois d'Études et de Recherche pour la Prévention des Risques Naturels, dont Grenoble INP est l'un des membres fondateurs, a consacré à cette crue un colloque scientifique "Isère 1859-2009", le 5 novembre à Grenoble INP - Ense3. Son objectif : comprendre ce qui s'est passé en 1859 et réfléchir à ce qui pourrait arriver aujourd'hui et demain. Comment êtes-vous parvenus à reconstituer le film de cette catastrophe ? C. O. : De cette crue dite bicentennale, on connaît surtout les conséquences. En revanche, on dispose de peu d'éléments pour savoir ce qui s'est réellement passé avant et pendant. On a, par exemple, quelques mesures de pluie et des hauteurs atteintes par l'eau en certains points, mais on possède peu d'information sur les débits. Quant à la partie savoyarde du bassin, sous administration sarde en 1859, elle était à cette époque préoccupée par son rattachement à la France, et l'on n'y retrouve que très peu d'archives. Grâce au soutien du Pôle Grenoblois et du Conseil Général de l'Isère, nous avons donc tenté, avec des partenaires (MétéoFrance, CEMAGREF, EdF et le Service de Prévision des Crues), de reconstituer les éléments essentiels du scénario afin de proposer un film objectif et cohérent. On peut aujourd'hui avancer que la violence de la crue de1859s'explique d'abord par une séquence météorologique inhabituelle, enchaînant  accumulations de neige suivies de pluie intense et de fortes températures, probablement renforcée par un bassin aux sols dégradés, notamment par le surpâturage.   Aujourd'hui, quels sont les enjeux de la recherche en hydrologie ? C. O. : Notre métier balance entre la prédétermination (ce qui pourrait arriver un jour) et la prévision (ce qui se produira sans doute dans les 24 à 72 heures). Nous élaborons des modèles mathématiques, qui représentent le bassin et ses aménagements et qui aident à gérer et à prévoir. Au-delà de ces enjeux de modélisation scientifique, ce sont bien sûr l'aménagement du territoire (génie civil et urbanisme) et la sécurité civile qui sont visés. Nos travaux permettent de déterminer des niveaux de risques afin de décider dans quelle mesure une implantation humaine ou industrielle est vulnérable, ou quand une mise en vigilance "crue" doit être déclenchée ...
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mise à jour le 22 mars 2013

Univ. Grenoble Alpes