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Du papier recyclé encore plus blanc

Le papier est omniprésent dans notre vie quotidienne. En Europe, près de 100 millions de tonnes en sont produites chaque année, dont 15% sont destinées à l’export. « La moitié de ce papier provient de fibres cellulosiques récupérées, et l’autre moitié de fibre vierge, explique Nathalie Marlin, maître de conférences à Pagora et chercheuse au LGP2. Pour être plus précis, le taux d’utilisation des fibres récupérées dépend du type de papier produit, et va de 10% pour les papiers à usage graphique, à 95% pour les journaux et magazines. »

Le recyclage du papier s’effectue en trois opérations unitaires. Dans un premier temps, les papiers-cartons récupérés sont mélangés à de l’eau (et quelques adjuvants), puis brassés pour rompre les liaisons entre les fibres de cellulose et les séparer des contaminants qu’ils pourraient contenir. Vient ensuite l’étape d’épuration qui permet de séparer les fibres des éléments contaminants qui leur sont associés : colles, vernis, agrafes… Enfin, le désencrage débarrasse le papier de l’encre qu’il contient.

C’est sur cette dernière étape que les chercheurs du LGP2 travaillent depuis des années. Ils ont en effet développé une technique améliorée de flottation, laquelle est la principale étape du processus de recyclage ayant pour but l'élimination de l'encre de la pâte. En 2006, ils ont inauguré une technique de flottation non pas à l’air, mais à l’ozone. Avec le soutien de plusieurs industriels, ils ont développé une unité pilote de flottation et mesuré les effets de l'ozone sur le désencrage des fibres ainsi que sur la quantité et la qualité des rejets liquides et solides. Les essais ont donné des résultats très encourageants : un gain de 15% d'élimination de l'encre accompagné d'une diminution des rejets de 40% en masse par rapport au procédé traditionnel de flottation. « La flottation réactive à l'ozone apparaît donc comme un procédé très prometteur permettant d'éliminer plus efficacement les particules d'encre tout en diminuant la charge polluante issue du désencrage pour une chimie plus verte. » Un projet ANR a été lancé dans la foulée de ces travaux en 2010, qui débouche aujourd’hui sur une phase de démonstration industrielle. A suivre.



 

mise à jour le 17 mars 2015

Univ. Grenoble Alpes