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Où en est-on de l’égalité homme-femme dans les métiers d’ingénieurs ?

Publié le 10 mars 2014
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Communiqué

Pour tenter de répondre à cette question, une centaine de jeunes femmes et quelques hommes ont participé à la deuxième journée femme ingénieurE organisée par Grenoble INP ce jeudi 20 février 2014, à Grenoble INP – Ense3.

Journée femme ingénieure

Journée femme ingénieure

Pour introduire cette deuxième journée dédiée aux métiers d’ingénieurEs, Yves Denneulin, directeur de l’Ensimag, s’est adressé à l’assemblée, suivi d’Isabelle Schanen, directrice de la Prépa des INP de Grenoble et chargée de mission équité hommes-femmes. « Je dois vous dire que je suis particulièrement heureux qu'un cycle de tables rondes autour de l'égalité homme-femme soit organisé par Grenoble INP. La première manifestation, l'année dernière, avait été un vrai succès nous nous retrouvons aujourd'hui pour le confirmer. L'effort pour un plus juste équilibre des parcours professionnels entre les femmes et les hommes est inscrit dans les priorités de notre établissement, et porté par une chargée de mission équité « femmes hommes ». Les relations privilégiées qui nous unissent à nos partenaires industriels constituent à la fois une opportunité et une obligation d'œuvrer à ce juste équilibre. Il y a du travail : dans les pays occidentaux la féminisation de la profession d'ingénieurs est faible alors qu'elle est de plus de 40% en Chine. En France elle a cessé de progresser depuis 2003 où elle s'établit à 27% des ingénieurs diplômés, il est clair que nous avons atteint un palier, il faut donc des actions concrètes, comme celle d'aujourd'hui, pour reprendre une marche en avant »?, précise-t-il.

[legende-image]1383921678449[/legende-image]Trois tables rondes composées chacune de 5 à 6 participant(e)s ont suivi les discours introductifs. Les discussions ont été illustrées par un diaporama constitué des meilleurs dessins des participants au concours "Représentation de l'étudiante ingénieurE Grenoble INP". Ce concours, parrainé par la Fondation partenariale de Grenoble INP, avait pour objectif donné aux étudiants de s’exprimer sur l'image de l'ingénieurE Grenoble INP à travers un dessin.
Enfin, la troupe des INProx’, association étudiante d’improvisation théâtrale, a ponctué la demi-journée de petits sketchs visant à tordre le cou aux clichés les plus courants sur les hommes et les femmes dans l’entreprise.


Les tables-rondes


Métier d’ingénieur entre mythes et réalités, animée par Annie Kahn, diplômée de l’Ensimag et journaliste au Monde.

[legende-image]1383921678450[/legende-image]Etre une femme ingénieure, est-ce un handicap ou un avantage ? A compétences égales, certaines entreprises sont peut être tentées d’embaucher des femmes pour entrer dans les « quotas ». Cette question subsiste dans la tête de certaines jeunes ingénieures. Il y a aussi, bien sûr, la question de la maternité, et comment la gérer. Etre une femme dans un milieu masculin peut parfois être déstabilisant du fait de blagues douteuses ou, plus rarement, de l'indifférence voire du mépris de partenaires étrangers. Mais globalement, les jeunes femmes présentes à cette table ronde vivent très bien le fait d’évoluer au milieu d’hommes.

Egalité : qu’est-ce que les hommes ont à y gagner ? animée par Audrey Savart, chargée de recrutement chez Bull Amesys
Dans un premier temps, il a été question au cours de cette table ronde de ce que les hommes ont à gagner à l’égalité homme-femme dans le domaine privé. Pour tous, il s’agit de la possibilité de prendre sur leur temps de travail pour se consacrer plus à l’éducation des enfants, afin de ne pas avoir la sensation de passer à côté de choses essentielles.  Dans un second temps, ces mêmes hommes ont évoqué l’avantage d’avoir des équipes professionnelles mixtes : plus empathiques, plus « émotionnellement intelligentes », les femmes créent du lien dans les équipes, ce qui est un plus pour le management. De façon générale, la diversité est une richesse.

Gérer sa carrière au féminin, animée par Marie-Claude Ponchon, Administratrice de Grenoble INP - Alumni en charge du groupe Au féminin et diplômée de l'ENSIEG en 1979
[legende-image]1383921678451[/legende-image]Le plafond de verre est-il un mythe ou une réalité ? A quel niveau de responsabilité commence-t-il à se faire sentir ? Comment booster son évolution grâce à son réseau ? Les femmes ont présenté leur vision des choses en fonction de leurs expériences.
Parmi les participantes à cette table-ronde, figurait Catherine Poincheval, diplômée d'Ense3 en 1986, qui mène une carrière brillante dans le secteur aéronautique. Elle est en effet responsable du programme d’évolution d’Ariane 5 (programme A5ME) et est l’une des trois femmes à avoir atteint de grade de vice-président dans sa compagnie.
Voici son parcours :
Après deux dernières années de lycée seule dans une classe intégralement masculine, elle décide de se lancer dans une prépa classique. Elle entre à l’ESNHMG (devenue Ense3)  pour faire de la mécanique des fluides industriels. Lors de son PFE chez SNECMA, elle travaille sur des moteurs de fusée, et est embauchée dans la foulée. Elle y restera 13 ans, à différents postes : ingénieur simulation, suivi de développement de matériel Ariane 5 et responsable de l’équipe des organes de combustion.
A cette époque, elle s’autorise un congé sans solde de deux ans pour suivre son mari expatrié aux Etats-Unis, et en revient motivée à bloc. Elle entre alors au CNES où elle dirige un projet d’évolution du lanceur d’Ariane, le programme A5ME, puis chez Airbus qui prend la suite du projet. Elle est aujourd’hui responsable de programme pour faire évoluer le lanceur d’Ariane 5.
Pour autant, elle ne sacrifie pas sa vie de femme ni de mère. « J’ai réussi à imposer pendant quelques années un temps partiel à 4/5ème pour profiter de mes trois enfants. Je vous assure que ce n’est pas incompatible avec une carrière, à condition de rester flexible et de savoir se rendre disponible en cas de nécessité ! » L’équipe exclusivement masculine qu’elle dirigeait à l’époque a toujours été respectueuse de son choix. Bien sûr, pour tenir le rythme, elle s’est toujours fait aider, et peut compter sur le soutien sans faille de son mari qui est son premier supporter !
Peu avare de son temps malgré un agenda de ministre, elle organise des conférences et des formations pour aider les jeunes femmes à prendre conscience au plus tôt des « travers féminins », et empêcher qu’ils ne deviennent un frein dans leur carrière. Pour elle, le plafond de verre est une réalité inconsciente mais qui se combat. « Les femmes savent en général moins bien se vendre que les hommes, sont moins ambitieuses et moins soucieuses de leur réseau. Elles doivent en être conscientes pour inverser la tendance si elles veulent grimper dans la hiérarchie. »?
Elle ne se considère pas exceptionnelle. « Si j’avais un conseil à donner aux filles, ça serait de suivre leurs envies, de ne rien s’interdire, de saisir les opportunités et d’y croire ! »

Un grand merci aux organisateurs de cette manifestation, pour le temps et l’énergie qu’ils ont consacré à un sujet qui, s’il n’est pas toujours au cœur de la formation des ingénieurs, est au centre des préoccupations portées par Grenoble INP.
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mise à jour le 10 mars 2014

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