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L'Isère en crue : Grenoble INP - ENSHMG sur le pont !

Publié le 9 juin 2008
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Communiqué

L'Isère se rappelle à notre mémoire. Comme en mars 2001, elle nous a fait profiter d'une de ses colères printanières relativement prévisibles. L'ENSHMG (et bientôt Ense3 - Energie, Eau et Environnement) exploite sur l'Isère la station hydrométrique d'Isère Campus.

Etudiants d'Ense3 sur les bords de l'Isère Construite au début des années 90 grâce à l'aide substantielle d'EDF, elle sert à la fois de station de mesures officielle, de plate-forme d'essais pour de nouveaux appareillages, et d'installation de travaux pratiques pour les étudiants... Et vendredi 30 mai au matin, peu après le maximum de la crue qui est intervenu à 6h du matin, tout le monde était sur le pont, y compris le professeur Philippe Bois. EDF a effectué un jaugeage par exploration du champ de vitesses dans toute la section de l'Isère.
Valeur au compteur, après intégration : un peu moins de 850 m3/s soit une crue décennale ... record de mars 2001 de 927m3/s non battu... mais de peu !

Mais au fait : pourquoi une telle crue ? Que le manteau de neige ait été plutôt substantiel en fin d'hiver n'est pas en soi un problème. En général, celui-ci va fondre régulièrement au soleil du printemps en nous apportant des hautes eaux soutenues, prolongées, mais assez peu menaçantes.... Si par contre, on vient y ajouter une bonne séquence de pluies chaudes, celles-ci vont bien sûr ruisseler partiellement sur le bas du bassin et les terrains récemment déneigés. Mais surtout, dans le haut du bassin, ces pluies vont se surajouter à la fonte, et même l'accélérer, provoquant un risque de crue important dans cette partie supérieure. C'est ce qui s'est produit jeudi 29 mai 2008 dans la haute Maurienne, sans atteindre ce que l'on a connu en juin 1957 en Haute Maurienne et Tarentaise.

Etudiants d'Ense3 sur les bords de l'IsèrePar contre, quand une conjonction défavorable se présente : beaucoup de neige en montagne, la partie basse du bassin saturée par de longues périodes de pluies froides, qui renforcent encore l'enneigement d'altitude, suivi soudain d'un épisode pluvieux chaud et intense venant du sud comme celui de la semaine écoulée, alors là, ce peut-être la crue généralisée, comme en mai 1856...1100 m3/s estimés à Grenoble...

Rappelons cependant que ce n'est pas la catastrophe la plus grave à anticiper : celle-ci se produirait plutôt en automne, avec éventuellement un enneigement précoce qui contribuerait un peu, mais surtout un épisode soutenu de pluies chaudes, montant très haut en altitude. Et en automne, l'air chaud venant du sud sud-ouest, voire en retour de sud-est, pourra se charger en humidité beaucoup plus qu'au printemps, sur une Méditerranée, surchauffée par l'été qui vient de se terminer. C'est à cette saison que l'on attend les crues les plus violentes : le 22 septembre 1993 a fortement affecté la Haute-Maurienne, mais ne s'est pas généralisé. Par contre, la crue de référence à Grenoble, celle du 1er novembre 1859, avec 1800 m3/s estimés est de ce type...

L'isère en crueBien sûr, Grenoble INP - ENSHMG, est présente sur le front des crues, d'abord par ses actions de formation initiale et continue : Alain GAUTHERON, responsable du Service de Prévision des crues Alpes-Nord est un diplômé de Grenoble INP - ENSHMG, de même que Michel PINHAS, directeur de l'Association Départementale Drac Isère Romanche. Chaque année, de nombreux ingénieurs et techniciens viennent compléter leur formation dans nos sessions d'Hydrologie ou d'Hydraulique fluviale, qu'ils mettent en pratique sur la station du Campus ou celle du Sonnant...
Mais nous sommes très présents aussi dans la recherche, en association avec des opérationnels comme EDF ou la CNR. La dernière thèse en cours dans ce domaine (ENSHMG-LTHE) est justement financée par le service de Prévision des Crues Alpes-Nord. Encadrée Charles OBLED et Isabella ZIN, elle vise à mettre en place un système de prévisions probabilistes à 48h d'échéance sur tout le bassin amont de Grenoble (5600 km2).
Elle se fera bien sûr en collaboration avec EDF et MétéoFrance (Centre d'Etudes de la Neige), mais aussi, dans le cadre d'un projet européen, avec le Canton du Valais et la Région Piémont. Avec 5400km2 à l'entrée du Léman, le Rhône a de nombreux points communs avec l'Isère, et sur le versant italien, les grands affluents du Pô sont souvent en crue dans les mêmes occasions.

Enfin, Grenoble INP, la future école Ense3 et le laboratoire 3SR participent activement au Pôle Grenoblois Risques Naturels, financé par le Conseil Général de l'Isère. Son vice-président le Professeur Obled s'emploie déjà depuis quelques temps à organiser une manifestation scientifique en octobre 2009, pour le 150ème anniversaire de la grande crue de 1859. L'Isère vient à point nous rappeler combien c'est d'actualité !

Contact :
Charles Obled


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mise à jour le 9 juin 2008

Univ. Grenoble Alpes