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Innover pour un avenir durable

Institut polytechnique de Grenoble

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À l’occasion de l’ouverture du MOOC « Des rivières et des hommes »

Ghislain de Marsily nous donne sa vision de cette formation

Mis à jour le 24 octobre 2014
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Le MOOC « Des rivières et des hommes » qui démarre le 3 novembre 2014, est dédié à l’étude de la dynamique des rivières et de leur gestion durable. Ghislain de Marsily, membre de l’académie des sciences spécialisé en hydrologie, évoque à l’occasion de son ouverture les grands enjeux de notre siècle dans ce domaine.

L’eau est sans doute l’enjeu majeur du 21e siècle. L’eau va-t-elle manquer dans le monde ? Cette ressource, dont les privilégiés que nous sommes pensions jusqu’ici qu’elle était inépuisable, est-elle devenue un trésor convoité ?
Ce qui est sûr, c’est que nos sociétés se sont pour la plupart construites autour des cours d’eau et des rivières, et que la gestion de l’eau est au centre des préoccupations sociétales actuelles. Comment aménager les rivières pour répondre aux besoins des hommes, sans toutefois nuire aux écosystèmes ?

Le MOOC « Des rivières et des hommes » est un outil intéressant et novateur pour diffuser auprès d’un large public à travers le monde, les connaissances indispensables pour gérer au mieux cette ressource précieuse.
 

Nourrir la planète


La consommation d’eau par l’homme, c'est-à-dire la quantité d’eau qui disparaît réellement par son retour à l’atmosphère après utilisation, contrairement à celle qui est rejetée dans la nature après son emploi et y reste disponible, se répartit en trois grands usages : 70% pour l'irrigation des cultures, 15% pour l'usage domestique et 15% pour l'industrie. Au total, cette consommation mondiale est aujourd’hui d’environ 2500 kilomètres cubes par an. Mais ce chiffre devrait doubler d’ici 2050.
Pour faire face d’abord à l’explosion démographique annoncée, mais aussi pour parer aux modifications des habitudes alimentaires dans certains pays (il faut en effet 10 fois plus d'eau pour produire un kilo de viande que pour produire la même quantité de céréales), il sera impératif d’augmenter les surfaces irriguées. En effet, l'agriculture irriguée est environ deux fois plus productive que l'agriculture pluviale, par unité de surface. De ce fait, de nombreux barrages devront être construits de par le monde dans les sites encore non équipés, lesquels serviront également à produire de l’énergie, dont la consommation augmente elle aussi de façon exponentielle.
Bien sûr, la construction de tels ouvrages, présentée souvent de façon polémique, doit respecter de nombreuses règles qu’il convient de bien connaître. Le MOOC « des Rivières et des hommes » permettra de diffuser largement des outils pour mieux comprendre les mécanismes de transport des sédiments, ou encore le comportement géomorphologique ainsi que les conséquences écologiques des ouvrages. Se faisant, il permettra de sensibiliser un grand nombre d’acteurs aux effets néfastes de certaines constructions pour tenter de les éliminer ou de les réduire.

Se protéger des crues et soutenir les étiages


Un autre aspect fondamental de l’aménagement des rivières concerne le stockage de l’eau pour approvisionner les populations en période estivale lorsque les cours d’eau sont au plus bas (étiages), et la protection des zones habitées contre les crues et les inondations en hiver.
En France, les ouvrages (barrages et digues) réalisés ou rehaussés pour une grande part au 19ème ont été dimensionnés pour les besoins de l’époque et sont de plus en plus fragiles. Les experts estiment que près d’un tiers des digues pourrait lâcher en cas de crue centennale dans notre pays. Le chantier de rénovation potentiel est gigantesque. Et dans d’autres parties du monde, tout reste à construire.
En abordant le problème des inondations, des risques de ruptures de digues ou de barrages, le MOOC permettra d’alerter sur et de lutter contre les risques de catastrophes, mais aussi de tenir compte et d’anticiper les conséquences du changement climatique sur la fréquence et l’intensité des crues qui devraient toutes deux augmenter dans le futur.


Progresser sur la qualité de l’eau


Une autre question cruciale est la question de la qualité de l’eau, celle de l’eau potable produite à partir d’eaux naturelles, et celle des eaux relâchées dans les milieux naturels après utilisation. Il reste en effet de nombreux progrès à faire, au niveau mondial, en matière d’aménagement des stations de traitement des eaux brutes ou usées. Plus généralement, la gestion de l’eau, la dégradation de la qualité des eaux par la pollution, sont un énorme problème sociétal auquel le MOOC aura le mérite de sensibiliser les apprenants.

Article connexe : Le MOOC francophone « Des rivières et des hommes » bientôt en ligne


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mise à jour le 24 octobre 2014

Univ. Grenoble Alpes